Qu'est-ce que l'ARN ?

Explications en vidéos

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Des promesses, encore des promesses...

Et aucun changement...

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On aurait pu penser qu’avec la première vague du Covid qui a déferlé au printemps, les autorités sanitaires, les Agences régionales de santé (ARS), les directions des hôpitaux auraient remis en question la politique de suppression de lits d’hôpitaux qui prime depuis des années.

 

Il n’en est rien. Au moins treize hôpitaux vont continuer de perdre des places d’hospitalisation.

- Entre 2003 et 2017, plus de 69 000 places d’hospitalisation à temps complet ont disparu

- 3400 lits avaient déjà été supprimés en 2019

- 4000 en 2018.

- En septembre 2020, la direction du CHU de Besançon a annoncé la suppression d’un service entier de soins de suite et de réadaptation, soit 28 places d’hospitalisation en moins.

 

- À l’hôpital psychiatrique du Rouvray, près de Rouen, il a été annoncé début octobre qu’au moins 80 lits seraient supprimés d’ici à 2022 « soit 20 % de la capacité d’hospitalisation », relève l’Union syndicale de la psychiatrie. C’est là, au Rouvray, que des soignants avaient fait une grève de la faim de deux semaines en 2018 pour demander des moyens afin de prendre en charge les patients. Ils avaient obtenu la promesse de créations de postes et de deux nouvelles unités. Ces engagements n’ont pas été tenus.

- À l’hôpital psychiatrique du Vinatier, à Lyon, 75 places d’hospitalisation auront fermé en 2020 d’ici fin décembre, nous indique la CGT de l’hôpital. Pendant la première vague du Covid, trois unités hospitalisation pour adulte avaient été fermées, officiellement pour libérer du personnel, certains services en manquaient à cause de l’épidémie. Cela devait à l’origine être provisoire. Mais il est déjà clair que l’une de ces unités ne rouvrira jamais. Une autre doit rouvrir en décembre, la troisième est en suspens. En plus du Covid, le Vinatier fait les frais d’un plan d’économies décidé en 2018. Celui-ci prévoit la fermeture des unités d’hospitalisation de longue durée. 75 fermetures de lits sont planifiées dans ce cadre, dont 25 dès décembre. Les patients qui vivaient dans cette unité doivent partir dans des foyers médico-sociaux ou en Ehpad, si des places sont disponibles.

 

- Au CHU de Clemont-Ferrand aussi, les fermetures de lits opérées pour répondre à la première vague du Covid font craindre aux soignants des suppressions à plus long terme. Au printemps, « des chambres du service de cardiologie ont été transformées en chambres pour les malades du Covid, des chambres de deux lits sont devenues alors des chambres d’un seul lit. Nous ne sommes pas encore repassés à deux lits. Nous avons aussi perdu des lits dans le service d’endocrinologie, 28 lits d’hospitalisation complète ont été transformés en hospitalisation de jour », témoigne un aide-soignant du CHU et délégué CGT.

- Au CHU de Nancy,  le Covid n’a pas non plus remis en cause le plan de suppression de 174 lits d’ici à 2024.

- Au CHU de Nantes, ce sont environ 100 lits qui ont été fermés depuis le début de la crise sanitaire, a comptabilisé Mediapart.

- En mai, des parlementaires alsaciens alertaient aussi sur un projet de leur agence régionale de santé de supprimer 20 lits de réanimation, surtout à Strasbourg, alors même que la région Grand Est sortait d’une phase très dure de Covid…

- À Caen, c’est le projet de reconstruction de l’hôpital qui aboutira à supprimer 200 lits à l’horizon 2026.

- À Limoges, un projet de transformation du CHU adopté en 2018 devrait avoir pour conséquence la fermeture d’une centaine de lits.

- À Nice, un « contrat de retour à l’équilibre financier » proposé par la direction du CHU en 2017 prévoit la disparition d’environ 200 lits.

- Même chose à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille où le projet de 2019 qui vise à fermer 230 lits est basé sur des considérations strictement financières : il s’agit de sortir les comptes du rouge.

Où sont les lits promis?

Question d’actualité d'Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE, au Premier ministre Jean Castex, alors que la France est confrontée depuis un an maintenant à la pandémie de la Covid-19 : « Pourquoi n’avez-vous pas ouvert de lits de réanimation ? Avec d’autres, nous demandons depuis mars 2020 un changement radical de politique de santé publique, rompant avec la loi de marché. »

Dans les hôpitaux, «la fermeture de lits devient catastrophique», estime Rodrigo Martinez Parra, vice-président du collectif Inter-Urgence

Macron, c'est 7000 lits d'hôpital supprimés. En pleine crise, chaque lit de plus, aujourd'hui, c'est une déprogrammation en moins, comme un dépistage de cancer. Cette politique devient quasi criminelle, mais ils n'assument rien

Nicolas Dupont-Aignan : "Mensonges et encore mensonges ! Le gouvernement continue de fermer des lits d’hospitalisation partout en France et n’a rien fait pour augmenter le nombre de lits de réanimation ! Voilà toute la vérité ! Arrêtons cette folie et sauvons l’hôpital !"

Le «dogme de la réduction des lits», c’est fini! Ce sont les mots qu’Olivier Véran, ministre de la Santé, a prononcés au mois de novembre 2020. Face à l’urgence de la crise sanitaire, l’hôpital public n’avait plus à être «rentable» et «efficient». Pourtant, le projet de fusion des hôpitaux Bichat (Paris XVIIIe) et Beaujon (Clichy) devrait toujours impliquer la suppression de plus de 300 lits. Le Canard Enchaîné avait déjà révélé au mois d’octobre que le nombre de lits de réa en Île-de-France continuait de chuter depuis mars 2020, de 2.500 à 1.700. À l’heure où les hospitalisations de Covid-19 sont en hausse dans le pays, à quoi joue le gouvernement avec sa gestion de l’hôpital public? Éléments de réponses avec l’économiste souverainiste et écologiste Philippe Murer.

Olivier de Soyres, anesthésiste réanimateur, nous dit tout sur les lits de réanimation !

Lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière, où Emmanuel Macron venait saluer les soignants de l’hôpital où est décédé un homme de 60 ans atteint du coronavirus, le président de la République s’est fait interpeller, assez violemment, par un neurologue sur la crise dont souffre l’hôpital public.

Une promesse de gascon ?

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Le 4 novembre 2020, le Directeur des affaires juridiques, M. Charles Touboul, pour la ministre et par délégation, reconnaît, dans une réponse à une requête d'augmenter le nombre de lits en réanimation, que l'objectif du gouvernement est de rester le plus longtemps possible à un niveau de l'ordre de 5000 lits...

Qui pilote le système de soin en France ?

L'essentiel du financement de l'activité des hôpitaux provient de l'assurance maladie. Elle consacre plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'hôpital public.

Ces sommes proviennent des cotisations sociales versées par les employeurs, les salariés et les travailleurs indépendants.

L'assurance maladie est l'une des branches de la sécurité sociale, qui couvre les risques maladie, invalidité, vieillesse, décès, veuvage et maternité.

Mais, ces sont les agences régionales de santé qui assurent le pilotage régional des enveloppes hospitalières au regard des orientations nationales et régionales et organisent les campagnes budgétaires et tarifaires des établissements de santé publics et privés.

Vers une privatisation du système hospitalier

Il aura fallu attendre une pandémie mondiale et plusieurs dizaines de milliers de décès pour que toute notre société entendent enfin le cri d'alarme que poussent depuis plusieurs années celles et ceux qui font vivre nos hôpitaux publics au quotidien.

Depuis plus de quarante ans, l'hôpital public français fait l'objet d'une guerre d'usure : la guerre des finances.

Arrêtons-nous cinq minutes pour comprendre comment nous en sommes collectivement arrivés là. Tentons un diagnostic et surtout, veillons à ne pas fermer les yeux à nouveau une fois la tempête passée.

Romaric Godin, journaliste à Médiapart, décortique le sujet du financement du système hospitalier et montre comment les hôpitaux, en France, sont destinés à une privatisation.