Le confinement
est inutile
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Souvenez-vous...

Dans un contexte national inédit lié à l’épidémie de coronavirus en France, Emmanuel Macron a fait une nouvelle allocution ce lundi 16 mars, moins de cinq jours après un premier discours télévisé déjà consacré au Covid-19.

Alors que les médecins sonnent l’alarme sur la situation sanitaire du pays, après avoir ordonné dans un premier temps la fermeture de tous les établissements scolaires, puis celle des restaurants, bars et discothèques, le président de la République a ordonné le renforcement des mesures de restriction des déplacements.

Restons où ???

Ce qu'on nous a expliqué...

La stratégie du confinement

Elle repose sur le fait qu’en diminuant le nombre de contacts entre personnes, on réduit mécaniquement le risque de transmission d’un agent infectieux et sa diffusion.

Le gouvernement, par une vidéo, nous explique qu'il permet de diminuer le nombre de personnes contaminées.

Il permet :

- De protégez vos proches
- De me protéger

- De protéger les autres

- D'aider le personnel soignant

Ce que dit l'OMS

Les mesures de distanciation physique et les restrictions à la liberté de circulation à grande échelle, souvent appelées « confinement », peuvent ralentir la transmission de la COVID-19 en limitant les contacts entre les personnes.

Cependant, ces mesures peuvent avoir des conséquences délétères graves sur les individus, les communautés et les sociétés, car elles entraînent un arrêt quasi-total de la vie sociale et économique.

 

Ces mesures affectent de manière disproportionnée les groupes défavorisés, notamment les personnes en situation de pauvreté, les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les réfugiés, qui vivent le plus souvent dans des endroits surpeuplés et pauvres en ressources, et dont la subsistance dépend du travail quotidien.

L’OMS comprend bien que certains pays en sont parfois arrivés à un stade où ils n’ont d’autre choix ‎que de décréter des confinements et d’autres mesures, pour gagner du temps.

Les pays doivent utiliser ce temps pour renforcer leurs capacités à détecter, isoler, tester et prendre en charge tous les cas, à localiser et mettre en quarantaine tous les contacts, à mobiliser, responsabiliser et permettre aux populations de piloter la réponse de la société, etc.

L’OMS a bon espoir que les pays appliqueront des interventions ciblées là où cela sera nécessaire ‎et le moment voulu, en se fondant sur la situation locale.

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Le docteur David Nabarro

Le Dr David Nabarro, de l'OMS, demande aux dirigeants du monde d'arrêter « d'utiliser le confinement comme méthode de contrôle principale » du coronavirus.

Il a également affirmé que la seule chose obtenue par les confinements était la pauvreté - sans aucune mention des vies potentielles sauvées.

 

« Les confinements n'ont qu'une seule conséquence, que vous ne devez jamais minimiser, c'est de rendre les pauvres beaucoup plus pauvres », a-t-il déclaré.

« La seule situation où nous pensons qu'un confinement est justifié, c'est pour vous donner du temps pour vous réorganiser, vous regrouper, rééquilibrer vos ressources, protéger vos travailleurs de la santé qui sont épuisés, mais dans l'ensemble, nous préférons ne pas le faire. »

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« Regardez ce qui est arrivé aux petits exploitants du monde entier. Regardez ce qui arrive aux niveaux de pauvreté. Il semble que nous pourrions bien avoir un doublement de la pauvreté dans le monde d'ici l'année prochaine. Nous pourrions bien avoir au moins un doublement de la malnutrition infantile. »

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Quelques chiffres

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Une histoire d'eaux usées...

Ni le confinement, ni le couvre feu ne sont responsables de la baisse de l’intensité de l’épidémie.

On observe la baisse de l’épidémie dans l'étude des eaux usées franciliennes dès le 17 octobre, avant le confinement.

 

Les chiffres montrent que les prévisions étaient alarmistes. La raison de la diminution de l’épidémie serait surement due à une évolution naturelle, saisonnière de la maladie.

L’étude de Ioannidis

Une étude comparative signée par un épidémiologiste de renom affirme que les confinements «durs» n'apportent pas d'avantages significatifs dans la lutte contre la propagation du Covid-19. Ceux-ci pourraient même faciliter la transmission.

Le 5 janvier 2021, une étude parue dans le European Journal of Clinical Investigation indique que les mesures strictes de confinement – comme celles mises en place en France en mars et octobre 2020 – n'apportent « pas d'avantages significatifs » dans la lutte contre la transmission du Covid-19. Le confinement pourrait même faciliter cette transmission, rendue plus aisée dans les espaces fermés.

Cette étude comparative, intitulée « Evaluation des effets de l'obligation de rester à la maison et de fermer les entreprises sur la propagation du Covid-19 », est signée par quatre scientifiques, dont le professeur John Ioannidis, un ponte de l'épidémiologie de l'université de Stanford, dont les travaux font autorité, comme le rappelle Les Echos le 29 janvier.

 

Ce travail de recherche compare l'augmentation du nombre de cas de contamination au Covid-19 dans huit pays (France, Angleterre, Allemagne, Iran, Pays-Bas, Italie, Espagne et Etats-Unis) ayant mis en place des mesures de confinement strictes, au niveau national ou local, avec les chiffres de la Suède et la Corée du Sud, deux pays ayant instauré des mesures beaucoup plus légères, sans interdiction de sortie du domicile ni fermeture des commerces.

Bien qu'ils admettent que «les comparaisons entre pays sont difficiles » en raison « des règles, des cultures et des relations différentes entre le gouvernement et les citoyens », les chercheurs arrivent à la conclusion qu'il n'existe pas « d'avantages significatifs » à pratiquer un confinement strict.

 

« Les données ne peuvent pas exclure totalement la possibilité de certains avantages [mais] même s'ils existent, ces avantages ne peuvent compenser les nombreux inconvénients de ces mesures agressives», précisent-ils.

 

L'étude note que le confinement de la population pourrait même avoir un effet inverse à celui recherché en entraînant une augmentation du nombre de cas, dans la mesure où il favorise les contacts inter-personnels dans des espaces fermés, où le Covid-19 se transmet plus aisément.

 

« Des réductions similaires de la croissance des cas [de Covid-19] peuvent être obtenues avec des interventions moins restrictives » que le confinement, conclut l'étude. « Des conclusions qui ne font évidemment pas consensus », note Les Echos, soulignant que cette étude était en train « d'enflammer » sur les réseaux sociaux la communauté des épidémiologistes, virologues et autres spécialistes de la pandémie.

Selon le bilan des autorités sanitaires françaises du 29 janvier, plus de 3 150 000 personnes ont été contaminées dans le pays depuis le début de la pandémie, et 75 620 sont mortes en lien avec le Covid pour une population nationale de quelque 67 millions d'habitants. La Corée du Sud, selon une dépêche de l'agence Reuters du 29 janvier, a enregistré 77 395 cas de contamination et 1 399 morts liées au Covid au total, pour une population d'environ 51 millions d'habitants. Le pays asiatique, rapportait l'AFP il y a quelques jours, « est parvenu, par des tests massifs et le traçage des cas, à juguler l'épidémie en grande partie sur son territoire ». L'agence précisait que les autorités avaient durci les règles de distanciation fin 2020 devant une recrudescence des cas. La Suède, peuplée d'environ 10 millions d'habitants, a quant à elle enregistré plus de 566 000 cas au total et plus de 11 500 décès liés au Covid. L'AFP rappelait début janvier que le royaume nordique avait jusque-là mené une stratégie sanitaire basée principalement sur des recommandations, sans confinement et presque sans mesures coercitives. Une récente loi dote temporairement le gouvernement suédois de nouveaux pouvoirs contre l'épidémie, permettant notamment de fermer les restaurants et commerces pour la première fois.


 

Ce qu'en pensent certains professionnels

Patrick Zylberman

Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique, doute de l’efficacité des mesures de confinement prises pour gérer l’épidémie de coronavirus en Chine.

A-t-on déjà connu ce type d’épidémie par le passé ?

Il y a eu de nombreux cas. En Asie, la dernière épidémie date de 2003 avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Il y avait eu 774 morts dans le monde et plus de 8 000 cas, dont pratiquement 95 % en Chine.

Des mesures de confinement avaient alors été prises.

En Europe, le dernier grand confinement collectif, c’était en Yougoslavie en 1972 pendant une épidémie de variole, ramenée par des pèlerins de La Mecque. Environ dix millions de personnes ont été confinées et gardées militairement. Historiquement, le confinement date de la Renaissance, dans les villes italiennes des XIVe et XVe siècles, pour faire barrage à la peste, notamment.

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Mais le confinement aujourd’hui n’est plus envisagé pour faire barrage à une contamination. Pour que le barrage soit efficace, en ce qui concerne les maladies respiratoires qui sont très contagieuses, il faudrait des conditions d’enfermement telles qu’elles seraient absolument invivables et impraticables. Elles aboutiraient à l’inverse du but recherché, c’est-à-dire qu’au lieu de faire barrage à la propagation du mal, les gens s’enfuiraient par tous les moyens, y compris les plus violents, et propageraient le mal.

Dans le cas du SRAS en 2003, les mesures de confinement ont-elles été efficaces ?

En Asie, les populations sont assez respectueuses des consignes des autorités. Par exemple à Singapour, qui est un petit État assez porté sur les questions d’hygiène et de coercition sanitaire, il y avait eu seulement 0,03 % d’infracteurs aux consignes de confinement. C’est très peu. Les 26 infracteurs avaient d’ailleurs été sanctionnés par la justice.

Cet exemple de l’Asie en 2003 n’est pas forcément généralisable. Chez nous, je suppose qu’on aurait une proportion un peu plus grande d’infracteurs. Mais j’imagine que, poussés par l’anxiété, les gens auraient tendance à s’enfermer chez eux assez spontanément.

Depuis quand les effets des mesures de confinement sont-ils étudiés et comparés ?

Il a fallu un certain temps avant de se rendre compte que le confinement considéré comme barrage à une épidémie est inefficace. On s’en est aperçu avec le choléra au XIXe siècle puis on a eu besoin de temps pour admettre que ce n’était pas l’arme absolue.

Le confinement est très impopulaire pour les gens qui le subissent et très populaire pour les autres, que cela rassure. C’est un peu comme si on enfermait l’épidémie dans un lieu de sacrifice qui permettrait à tous ceux qui sont hors de ce lieu d’être protégés. Évidemment ce n’est pas le cas car il y a des effets pervers et c’est parfois un facteur de propagation du mal.

Le confinement n’a donc jamais fait ses preuves ?

Le seul exemple de confinement qui ait fonctionné date de la crise de la grippe espagnole en 1918, mais dans des conditions particulières puisque c’était sur une île. Cela s’est passé aux Samoa orientales, qui étaient sous administration américaine. Il était impossible de s’y rendre ou d’en sortir, et la population a été protégée. Les Samoa occidentales, qui étaient sous administration néo-zélandaise, n’ont pas bénéficié de la mesure de confinement : la mortalité a été absolument effrayante, de l’ordre de 22 ou 23 %.

Le docteur Sunestra Gupta

L'épidémiologiste d'Oxford, le Dr Sunetra Gupta, a écrit une lettre ouverte appelant à la fin du confinement forcé. Elle a été signée par plus de 6 500 scientifiques, dont 3 800 médecins. Dans la lettre, le Docteur dénonce notamment les règles strictes de distanciation sociale, qui ont « des effets néfastes sur la santé physique et mentale » selon lui. « Ceux qui ne sont pas vulnérables devraient être immédiatement autorisés à reprendre la vie normalement », affirme-t-il. « Maintenir ces mesures en place jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible causera des dommages irréparables, avec des dommages disproportionnés aux personnes défavorisées », peut-on lire dans la lettre nommée « The Great Barrington Declaration ».

Idriss Aberkane

Que penser du confinement?

Éléments de réponses avec le scientifique, entrepreneur et conférencier Idriss Aberkane, auteur de l’ouvrage L’Âge de la connaissance : Traité d’écologie positive (Éd. Robert Laffont)

Didier Raoult

Didier Raoult répondait aux questions de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC et BFMTV.

Il est revenu sur une possible seconde vague de coronavirus et sur la nécessité ou non de reconfiner.

Jean-François Toussaint

Le professeur Jean-François Toussaint, directeur de physiologie à l'université Paris-Descartes et directeur de l'Irmes, est face à André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" pour révéler les grands traits d'une étude menée avec des chercheurs et médecins de l'Irmes, du CNRS, de l'AP-HP et autres.

Philippe Parola

Le professeur Philippe Parola, chef du service des maladies infectieuses à l'IHU de Marseille et bras droit de Didier Raoult, anéantit les mesures de confinement sur BFMTV.

Gérald Kierzek

André Bercoff reçoit le Docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste, directeur médical de Doctissimo et chroniqueur santé.